Vers un accord chez Skeyes

La direction et les représentants des contrôleurs aériens ont repris les négociations ce mercredi après-midi.

Suite à l’accord approuvé vendredi en commission paritaire par le seul syndicat socialiste mais avec une majorité, la direction a repris langue avec les deux autres organisations pour tenter de régler le dernier point qui posait encore problème: le comptage des prestations de nuit des contrôleurs (à comptabiliser en heures simples ou doubles?).

Le texte déposé mercredi comprenait trois volets: l’accord de vendredi est validé; les actions prennent fin; le comptage des heures de nuit est laissé en suspens, charge à un médiateur d’y trouver une solution. On attendait la réponse des syndicats chrétien et libéral… 

Les questions que soulève la grève

— Quelle est l’origine du conflit social? Les contrôleurs aériens se plaignent de longue date de la charge de travail qu’on leur impose, qu’ils jugent trop importante pour garantir la sécurité du trafic aérien. Skeyes manque de personnel, selon eux. Ce serait dû à un «manque de planification» et de «vision» dans le chef de leurs dirigeants, trop obnubilés selon eux par la recherche d’économies. Ils ont listé 25 requêtes au début février, dont des demandes en matière d’interruption de carrière, de nominations et de primes. Ils ont aussi dit s’interroger sur l’ouverture via une joint-venture d’un nouveau centre de formation à Steenokkerzeel, dont ils ont mis en cause la transparence. La direction a répondu en faisant une série de propositions sur le recrutement, les horaires, les carrières et les salaires. Un accord avait été atteint le 22 mars en commission paritaire, mais les actions ont repris le lendemain.

— La régionalisation du contrôle est-elle une solution? L’idée a été lancée ces derniers jours par Luc Partoune, le CEO de Liege Airport. Le ministre wallon en charge des Aéroports, Jean-Luc Crucke (MR), a demandé à la Société wallonne des aéroports (Sowaer) d’en étudier le scénario. On imagine que la Flandre pourrait y souscrire aussi. Reste à voir si cela peut s’inscrire dans le cadre défini par l’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci).

«La régionalisation du contrôle aérien est une piste sérieuse, d’autant que la Flandre y est favorable.»

Jean-Luc Crucke
Ministre wallon en charge des aéroports

— Pourrait-on faire appel à des privés? Les mêmes voix se sont élevées pour suggérer la privatisation du contrôle aérien, peut-être en combinaison avec sa régionalisation. Sur ce plan, on peut se faire plus catégorique: les règles fixées par l’Oaci n’imposent pas que le service soit assuré par le secteur public. Une privatisation est donc possible sans négociations à l’international. Resterait à voir comment l’organiser: Suède et Angleterre pratiquent par appels au marché. Question subsidiaire: est-on sûr que cela garantirait un meilleur service?

— Cela soulève la question du service minimum: souhaitable ou non? Ces dernières semaines, nombre de représentants des aéroports et des compagnies ont réclamé l’instauration d’un service minimum garanti dans le secteur, à l’image de ce qui a été instauré récemment pour le rail (SNCB). La direction de Skeyes l’a aussi évoqué, arguant qu’en effet ses clients le lui demandent. Le sujet devait être abordé vendredi dernier en commission paritaire. Selon d’aucuns, les représentants des contrôleurs y seraient très réticents. On comprend pourquoi quand on voit les conséquences de leurs actions. On peut retourner le raisonnement et arguer que celles-ci le rendent d’autant plus nécessaire.

— Quel impact les grèves ont-elles pour les compagnies aériennes? Les douze jours d’actions menées par les contrôleurs depuis le début de l’année ont coûté des millions d’euros aux compagnies aériennes, selon la Belgian air transport association (Bata). Brussels Airlines a été plus précise, chiffrant son propre dommage à 4 millions d’euros. Il y a aussi les dégâts portés à l’image et à la réputation des aéroports et des compagnies, a fait valoir la Bata. Des dommages collatéraux sont également possibles: des compagnies aériennes pourraient même envisager de délocaliser une partie de leurs activités, selon l’association. La direction de l’aéroport de Liège a par ailleurs souligné les dégâts subis par les clients «fret» des compagnies aériennes en raison des annulations ou des retards. Une grande partie de ces conséquences sont impossibles à quantifier.

— Pourrait-on chercher une issue au niveau européen? Définies par l’Oaci, les règles du contrôle aérien sont transposées en droit national par chaque État membre. Au niveau européen, Eurocontrol gère les flux et planifie les vols pour éviter la congestion de l’espace aérien continental. On ne voit pas bien comment on pourrait faire remonter l’activité de contrôle du ciel national vers l’Europe…

Источник: Lecho.be

Источник: Corruptioner.life

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