Theresa May annonce son départ… prochain

Les Brexiters durs du parti tory ont obtenu de Theresa May sa démission en cas de vote favorable à l’accord sur le Brexit. La Première ministre quittera Downing Street avant les éventuelles négociations commerciales avec l’Union européenne, censées avoir lieu avant le 31 décembre 2020.

C’est une annonce que les Brexiters attendaient depuis des mois, et que Theresa May avait formulé du bout des lèvres la semaine dernière, face au spectre d’un long report du Brexit auquel elle ne se disait «pas préparée, en tant que Première ministre

Cette fois, les mots sont clairs. Theresa May quittera Downing Street en cas de vote favorable du Parlement sur son accord, avant les longues négociations commerciales que sa succession devra mener avec l’Union européenne avant le 31 décembre 2020.

75 députés à convertir

Cet engagement à quitter le Number 10 peut faire sourire au regard des chances de succès du troisième vote sur l’accord. Celui-ci a en effet été rejeté deux fois par le Parlement. La première défaite, le 15 janvier, a été la plus large pour un gouvernement depuis près d’un siècle (230 voix d’écart). La seconde, le 12 mars, a semblé l’enterrer définitivement (149 voix d’écart). À ces deux revers historiques s’est ajoutée la nouvelle sortie du speaker John Bercow, ce mercredi aux Communes. Celui-ci a rappelé que les raisons qui l’ont amené à empêcher la tenue d’un troisième vote sur cet accord, il y a deux semaines, restent valables. Autrement dit, l’accord soumis au Parlement doit être substantiellement différent de ceux qui ont été rejetés dans des proportions historiques.

En ajoutant des dates de sorties de l’UE différentes (22 mai si le vote est positif, 12 avril si aucune solution n’est trouvée), Theresa May croyait avoir apporté la modification cosmétique suffisante sur le plan juridique. Ce ne sera pas forcément le cas. Reste à savoir quand elle compte présenter à nouveau son accord, et quand John Bercow jugera bon de l’autoriser au vote, ou pas. Les députés sont convoqués par le Parlement vendredi, mais Theresa May a maintes fois démontré qu’elle n’hésitait pas à jouer la montre. Attendre la semaine prochaine pour ce troisième vote pourrait être stratégiquement plus judicieux, le temps d’essayer de convaincre les derniers récalcitrants.

L’engagement de May à quitter le pouvoir va incontestablement galvaniser une partie des 75 conservateurs qui l’ont rejeté il y a deux semaines. Une quinzaine de Tories sont irréductiblement opposés à cet accord. Du côté des dix députés du DUP nord-irlandais, c’est toujours une fin de non recevoir, ainsi que l’a encore réaffirmé ce mercredi soir la leader du parti Arlene Foster. L’appui de quelques travaillistes, à peu près le même nombre que celui de conservateurs qui ne changeront pas d’avis, sera également nécessaire. Seuls trois travaillistes ont voté pour l’accord la dernière fois. Le renversement de vapeur semble donc encore incertain.

©REUTERS

D’autant qu’entre-temps, ces mêmes travaillistes se sentent pousser des ailes. La marche pour un second référendum organisée à Londres samedi dernier a rassemblé près d’un million de personnes, du jamais vu depuis la manifestation contre la guerre en Irak en 2003. La pétition pour l’abrogation de l’article 50 et pour le maintien dans l’UE va franchir la barre des 6 millions d’ici ce week-end. Difficile d’imaginer les travaillistes voter pour un accord qui ne correspond ni au Brexit plus soft qu’ils souhaitent, ni au second référendum qui constituerait la prochaine étape en cas de blocage.

Theresa May aux députés d’arrière-ban du parti tory

«J’ai très clairement perçu l’humeur du parti. Je sais qu’il y a un désir pour une nouvelle approche et un nouveau leadership dans la seconde phase des négociations du Brexit, et je ne ferai pas obstacle.»

«Je sais que certaines personnes s’inquiètent qu’en cas de vote pour l’accord de retrait, je prendrai cela comme un mandat pour la phase deux sans le débat que nous devons avoir. Je ne le ferai pas, j’ai entendu ce que vous avez dit.»

«Mais nous avons besoin de faire passer cet accord pour accomplir le Brexit. Je suis préparée à quitter cette fonction plus tôt que je l’avais prévu afin de faire ce qui est bon pour notre pays et notre parti. Je demande à tous ceux qui sont dans cette salle de voter pour cet accord avant que nous complétions notre devoir historique : exécuter la décision du peuple britannique et quitter l’Union européenne de façon sûre et ordonnée.» 

En cas de blocage, huit options alternatives

Les votes indicatifs sur la suite du processus du Brexit, tant attendus, sont presque passés au second plan. Leur importance est pourtant réelle, en cas de troisième échec de l’accord de May.

Les options alternatives sélectionnées ont été les suivantes: 

— Brexit sans accord, le 12 avril.

— Brexit sans accord, «amorti» avec des accords commerciaux.

— Marché commun 2.0, c’est-à-dire intégration de l’Association européenne de libre-échange (avec la Norvège, le Liechtenstein, l’Islande et la Suisse) et maintien dans l’Espace économique européen. Maintien dans le marché unique et union douanière provisoire jusqu’à ce que des arrangements alternatifs soient trouvés.

— Marché commun 2.0, sans union douanière.

— Maintien dans l’union douanière.

— Maintien dans l’union douanière avec négociations d’accords commerciaux et alignement sur le marché unique et engagement de diverses négociations (programmes de finances, sécurité, etc.)

— Abrogation de l’article 50 et maintien dans l’Union européenne.

— Référendum de confirmation de tout accord de divorce.

En cas de nouvel échec de May, le résultat de ces votes alternatifs sera reconsidéré la semaine prochaine.

Источник: Lecho.be

Источник: Corruptioner.life

Share

You may also like...