Pour la première fois, la droite européenne envisage une exclusion du Hongrois Orban

Le premier ministre populiste multiplie les attaques contre Bruxelles sur le thème de l’immigration. Au Parti populaire européen (PPE), on commence à réfléchir sérieusement à se séparer de ce membre encombrant.

Par Cécile Ducourtieux et Jean-Pierre Stroobants Publié aujourd’hui à 02h00, mis à jour à 02h00

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Le premier ministre hongrois Viktor Orban lors d’une conférence à Budapest le 27 février.

Est-ce la provocation de trop ? Mardi 26 février, des dirigeants des partis membres du Parti populaire européen (PPE), la famille des droites européennes, ont reçu un courriel officiel du gouvernement hongrois, diffusant la dernière campagne « anti-Bruxelles », anti-Juncker et anti-George Soros, du premier ministre Viktor Orban. Le premier ministre est pourtant un membre de parti paneuropéen, le plus puissant de l’Union.

Le courrier, que Le Monde a pu consulter, comporte à la fois la lettre que M. Orban a massivement envoyée aux Hongrois en début de semaine pour exprimer sa démarche, accompagnée d’un argumentaire, intitulé « Vous avez le droit de savoir ce que prépare Bruxelles ». Traduit en quatre langues – français, espagnol, anglais, allemand –, il est censé démontrer que « Bruxelles » veut « faciliter la migration grâce aux visas migratoires », « donner encore plus d’argent aux organisations favorisant la migration », « lancer des programmes de migration expérimentaux avec les pays africains » ou encore « mettre en œuvre les quotas de relocalisation obligatoires »

Cette campagne est exactement celle qui a été initiée, la semaine dernière, en hongrois, sur le compte Facebook officiel du gouvernement de Budapest et dans une campagne d’affichage. Sur les pancartes, intitulées « Vous aussi vous avez le droit de savoir », s’affichent les visages grimaçants du milliardaire d’origine hongroise George Soros, devenu la bête noire de M. Orban qui l’accuse d’un complot visant à submerger la Hongrie de migrants. Et celui de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, qui appartient lui aussi au PPE mais a estimé, en octobre 2018, dans une interview au Monde, que le Hongrois n’avait « plus sa place » au sein de ce parti, compte tenu des dérives de sa politique.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Viktor Orban s’en prend à Jean-Claude Juncker, la droite européenne dans l’embarras

L’Allemagne indignée

Il y a une semaine, cette campagne complotiste a suscité des réactions indignées jusque dans les rangs allemands de la CDU, le noyau dur du PPE. La Commission a, en effet, renoncé à son projet de quotas obligatoires de réfugiés depuis au moins 2017, devant le refus catégorique des pays de l’Est.

« Je soutiens pleinement [M. Juncker], nous sommes solidaires et nous le dirons haut et fort lors de nos entretiens avec la Hongrie », a lancé la chancelière Merkel, jusqu’alors très mesurée dans ses propos à l’égard de M. Orban. La cheffe de la CDU Annegret Kramp-Karrenbauer a pointé des « reproches sans fondement » dans le journal Der Spiegel. Si une compréhension commune des objectifs du PPE devenait impossible dans le futur, « le format [de dialogue avec le parti de Viktor Orban] n’aurait plus de sens et serait donc supprimé. »

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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