« L’impact de la suppression de l’ISF reste à démontrer »

Si les nouveaux outils fiscaux ont rapporté plus que prévu en 2018, cela ne suffit pas à débarrasser Emmanuel Macron de son étiquette de « président des riches », constate Audrey Tonnelier, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

Publié aujourd’hui à 06h00, mis à jour à 06h00 Temps de Lecture 3 min.

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Les « gilets jaunes » ont fait de son rétablissement l’un de leurs mots d’ordre. Et pourtant. En pleine cacophonie sur les moyens de rendre le système fiscal français plus « juste », une première conséquence de la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est passée inaperçue.

L’impôt sur la fortune immobilière (IFI), nouvelle version de l’ISF depuis le 1er janvier 2018, et le prélèvement forfaitaire unique (« flat tax ») sur les revenus du capital ont rapporté plus que prévu aux finances publiques en 2018, a indiqué Gérald Darmanin, mercredi 20 février.

Le remplacement de l’ISF par l’IFI et la création de la « flat tax » ont suscité de nombreuses critiques de l’opposition et nourri la colère des manifestants sur les ronds-points

Auditionné par la commission des finances de l’Assemblée nationale, le ministre de l’action et des comptes publics a précisé que l’IFI avait rapporté « 1,25 milliard d’euros », soit 400 millions d’euros de plus que la somme inscrite dans le projet de loi de finances voté fin 2017. Quant à la « flat tax » sur les revenus mobiliers, ce sont 3,45 milliards d’euros qu’elle a permis d’engranger, soit environ 600 millions d’euros de plus.

Absence de données détaillées

Des rentrées fiscales supplémentaires bienvenues, à l’heure où les mesures pour le pouvoir d’achat annoncées par Emmanuel Macron en décembre 2018 sont venues percuter la trajectoire des finances publiques établie pour le quinquennat. De sorte que le déficit devrait atteindre au moins 3,2 % du produit intérieur brut (PIB) cette année. Et encore, si la croissance ne ralentit pas trop.

Le remplacement de l’ISF par l’IFI et la création de la « flat tax », destinés dans l’esprit de l’exécutif à stimuler l’activité en encourageant les contribuables les plus aisés à investir dans l’économie tricolore, ont suscité de nombreuses critiques au sein de l’opposition, nourri la colère des manifestants sur les ronds-points depuis l’automne 2018, et valu au chef de l’Etat l’étiquette persistante de « président des riches ». Faut-il, dès lors, voir dans le rendement satisfaisant de ces deux outils fiscaux le signe de la réussite des réformes Macron sur la fiscalité du capital ?

Lire aussi Les mesures d’urgence de Macron ont dopé le pouvoir d’achat

Ce serait aller un peu vite. D’abord parce que, à peine un an après sa suppression, on ne dispose d’aucune étude fiable sur les conséquences pour l’économie de la fin de l’ISF, ni d’une vue d’ensemble des sommes qui auraient été investies en lieu et place d’être taxées.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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