Les Pays-Bas entrent en force dans le capital d’Air France-KLM

La prise de contôle de 12,68 % du capital de la compagnie via un raid boursier sonne comme une déclaration de guerre.

Par Jean-Pierre Stroobants et Guy Dutheil Publié aujourd’hui à 11h23, mis à jour à 11h58

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Une déclaration de guerre ! Par surprise, les autorités néerlandaises ont annoncé, mardi 26 février, l’acquisition, pour 680 millions d’euros, de 12,68 % du capital d’Air France-KLM. Une première étape, selon Wopke Hoekstra, ministre des finances néerlandais. L’intention des Pays-Bas est de porter leur participation à 14 % pour la mettre au niveau de celle de la France, premier actionnaire d’Air France-KLM avec 14,29 % du capital.

Du côté néerlandais, ce raid boursier constitue « une étape décisive pour la protection des intérêts néerlandais », a précisé M. Hoekstra. « L’acquisition de cette participation nous assure un siège à table », a-t-il encore indiqué. Tenu à l’écart de ce coup de force capitalistique, informé seulement une heure avant l’annonce officielle, le gouvernement français a accusé le coup. Le ministre des finances, Bruno Le Maire, a constaté cette montée au capital « qui s’est faite sans information du conseil d’administration ni du gouvernement français ». « Je réaffirme mon soutien à la stratégie de l’entreprise et de son management. Il est essentiel de respecter les principes de bonne gouvernance et qu’Air France-KLM soit géré dans l’esprit de son intérêt social sans interférence étatique nationale », a-t-il ajouté.

Du côté d’Air France-KLM, on se refusait à tout commentaire avant la tenue, mercredi, d’un conseil d’administration exceptionnel. Toutefois, la direction ne devrait pas rester sans réaction. Les administrateurs devaient examiner la légalité de l’opération capitalistique menée par la banque ABN Amro mandatée par le gouvernement néerlandais.

La nomination, au cœur de l’été 2018, de M. Smith a modifié les relations entre Air France et sa filiale KLM

Ce blitzkrieg boursier marque la reprise des hostilités entre Ben Smith, directeur général d’Air France-KLM, et la direction de KLM, incarnée par son directeur général, Pieter Elbers. Les tensions se sont révélées au grand jour quand le nouveau patron canadien du groupe a voulu affirmer son pouvoir sur la direction de la filiale néerlandaise.

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Un objectif illustré par sa volonté de siéger au conseil de surveillance de KLM. Jamais, depuis 2003 et le rachat de KLM par Air France, les prédécesseurs de M. Smith n’avaient pu ou voulu obtenir d’y faire leur entrée. La direction de KLM, soutenue par des syndicats de la compagnie et les autorités néerlandaises, a tout tenté pour s’y opposer. Allant même jusqu’à susciter une pétition de soutien à Pieters Elbers, signée par près de 25 000 personnes ces derniers jours. En vain. Après s’être entretenu, le 15 février, à Amsterdam, avec les ministres des finances et des transports néerlandais, M. Smith avait, in fine, obtenu leur feu vert pour intégrer le conseil de surveillance de KLM. En contrepartie, M. Elbers a sauvé sa tête, obtenant l’assurance du renouvellement de son mandat qui arrive à échéance en avril.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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