Les opposants au projet EuropaCity attirent des candidats aux européennes

Un millier de personnes se sont mobilisées, samedi 18 et dimanche 19 mai, à Gonesse (Val-d’Oise), contre le projet de mégacentre commercial et de loisirs.

Par Rémi Barroux Publié aujourd’hui à 19h33, mis à jour à 19h44

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A Gonesse (Val-d'Oise), dimanche 19 mai, lors du rassemblement des opposants au projet d'Europacity.

Quand les trombes d’eau se sont abattues, dimanche 19 mai, sur la prairie où s’étaient réunis les opposants au projet EuropaCity, le mégacentre commercial et de loisirs prévu au nord de Paris, les organisateurs ont décidé d’annuler la marche vers la mairie de Gonesse (Val-d’Oise), prévue en fin d’après-midi pour clôturer ce « week-end de lutte ».

Mais outre cette contrariété, c’était plutôt l’optimisme qui était affiché. Après deux décisions de justice en leur faveur, soit l’annulation par le tribunal administratif de Cergy en mars 2018 de l’arrêté préfectoral de création de la ZAC et, un an plus tard, l’annulation par le même tribunal du plan local d’urbanisme de Gonesse – des appels ont été interjetés pour contester ces décisions –, les opposants à ce projet porté par Auchan allié au conglomérat chinois Wanda semblent avoir le vent en poupe.

Lire aussi « Triangle de Gonesse » : le plan local d’urbanisme qui prévoit l’implantation d’Europacity annulé

« On a marqué des points, mais notre crainte, c’est l’ouverture du chantier de la gare du Grand Paris, sur la ligne 17 Nord, prévue pour novembre, après la dernière récolte des agriculteurs, déclare Bernard Loup, le président du Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG). Même si on gagne contre EuropaCity, ils construiraient une gare pour rien, ils bétonneraient quand même les terres agricoles. »

« Choix de société »

L’inquiétude de ceux qui mènent depuis neuf ans la lutte contre l’artificialisation de 280 hectares de terre, dont 80 pour le seul centre d’EuropaCity, est bien qu’une fois la gare construite, les opérations de bétonnage aient lieu pour installer des centres de logistique et autres activités économiques. Pour développer économiquement ce territoire du triangle de Gonesse, les opposants lorgnent sur la friche laissée par le constructeur automobile PSA qui représente 180 ha, dont 50 ha sont d’ores et déjà affectés à des entrepôts de logistique et 30 ha pour un centre de maintenance pour les lignes 16 et 17 du Grand Paris.

Pour soutenir ce combat devenu emblématique du refus de l’artificialisation de terres agricoles, surtout depuis l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), de nombreuses personnalités politiques avaient fait le déplacement. L’échéance électorale des élections européennes, dans une semaine, les a sûrement encouragés. Têtes de liste ou simples candidats, responsables politiques et élus, ils se sont retrouvés dans la dénonciation de ce projet, symptomatique, selon eux, d’un modèle de croissance qu’il faut refuser.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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