Le Royaume-Uni subventionne Hollywood

L’industrie du cinéma britannique se porte bien grâce aux rabais fiscaux qui attirent les superproductions américaines, mais le Brexit inquiète.

Par Eric Albert Publié aujourd’hui à 16h15

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L’industrie du cinéma britannique se porte à merveille. C’est vrai pour les salles : avec 176 millions d’entrées en 2018, le nombre de Britanniques qui sont allés voir un film sur grand écran est au plus haut depuis 1971 (même si cela reste loin des 200 millions de la France). C’est vrai aussi pour la production, dont le chiffre d’affaires a presque doublé depuis 2007, à 5 milliards de livres (5,7 milliards d’euros) en 2016.

On ne peut pas en dire de même de la création cinématographique au Royaume-Uni. Dans un système qui dépend avant tout du succès commercial des films, le cinéma hollywoodien écrase tout le reste. En 2017, 85 % des recettes en salles provenaient de films américains, ou coproduits avec les Etats-Unis. La part des films britanniques « indépendants » se réduit comme peau de chagrin.

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Les difficultés du cinéma d’auteur ne sont pas nouvelles outre-Manche. Il existe un système d’aides publiques, dirigé par le British Film Institute, mais il est faible. Le poids économique des studios américains s’est naturellement imposé.

Les fameux studios de Pinewood sont pleins

En revanche, l’industrie, qui avait connu auparavant de sérieuses difficultés, a été complètement relancée depuis 1997. Gordon Brown, alors nouveau chancelier de l’Echiquier, a mis en place un système de rabais fiscal pour les sociétés de production. Initialement réservé aux films à petits budgets (et détourné de son objectif dans de nombreux montages d’évasion fiscale), celui-ci a ensuite été élargi aux grands studios en 2006.

Si bien que les films « britanniques » d’aujourd’hui s’appellent Star Wars, La Belle et la Bête (la comédie musicale de 2017 de Disney) ou encore Wonder Woman. Les Américains apprécient de pouvoir venir au Royaume-Uni tourner pour des prix beaucoup plus bas qu’à Hollywood, mais avec des employés compétents et anglophones. Les fameux Studios de Pinewood, situés juste à l’extérieur de Londres et qui existent depuis les années 1930, sont pleins. Les séries des James Bond et de Star Wars y ont été largement filmées. Au total, l’industrie a pu compter sur 630 millions de livres de rabais fiscaux en 2016, selon le British Film Institute.

Hollywood peut partir aussi vite qu’il est arrivé

L’industrie du cinéma britannique s’inquiète cependant du Brexit. La principale question concerne la liberté de circulation des biens et des personnes entre le Royaume-Uni et le continent européen. Aujourd’hui, de nombreux employés des studios britanniques sont des Européens qui n’ont pas besoin de visa de travail. Quelle sera leur situation après la sortie de l’Union européenne ? Personne ne peut y répondre pour l’instant.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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