Le marché italien des télécommunications bousculé par l’arrivée de Free

L’irruption, en mai 2018, d’un quatrième opérateur mobile dans la péninsule a chamboulé le secteur et affecté les résultats des acteurs du marché l’an dernier.

Par Zeliha Chaffin Publié aujourd’hui à 10h31

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Thomas Reynaud, directeur général du groupe Iliad (maison mère de l’opérateur Free), à Paris, en décembre 2018.

Près de 2,8 millions de clients en sept mois. Si Free (dont le fondateur, Xavier Niel, est actionnaire à titre personnel du Monde) peine en ce moment à séduire de nouveaux abonnés en France, son lancement en Italie – sa première incursion hors des frontières tricolores – est une réussite.

Reprenant les recettes qui ont fait son succès initial dans l’Hexagone, avec des forfaits à petits prix, l’opérateur télécoms a raflé entre 3 % et 4 % du marché local. « C’est le meilleur lancement, après Free en France en 2012, d’un quatrième opérateur mobile au cours des quinze dernières années en Europe. La marque a réussi à s’imposer dans le paysage, avec un taux de notoriété qui est aujourd’hui de 90 % », s’est félicité le directeur général d’Iliad, Thomas Reynaud, lors de la présentation des résultats du groupe, mardi 19 mars.

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L’entreprise des télécoms ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, au grand dam de ses concurrents dans la Péninsule, durement ébranlés par l’offensive de ce nouveau rival dans le mobile. Le numéro un du marché, Wind Tre, a ainsi perdu 8 % de ses fidèles sur l’année 2018, totalisant, fin décembre, 27,1 millions de clients sur le mobile. Une baisse que l’opérateur impute principalement à la percée fulgurante de Free, évoquant « un nouvel entrant sur le marché intensifiant la concurrence sur les prix et ciblant des clients de faible valeur ».

Wind Tre n’est pas le seul à avoir souffert. L’ex-monopole d’Etat, Telecom Italia, tout comme la filiale italienne du britannique Vodafone, ont également laissé quelques plumes dans la bataille, voyant leur chiffre d’affaires et leur croissance s’éroder.

Guerre des prix

Face à cette nouvelle donne, les opérateurs ont été contraints de revoir leur stratégie et de rogner sur leurs marges afin de retenir les clients. Telecom Italia a pris les devants dès 2017, un an avant l’arrivée de Free, en dégainant Kena, une marque low cost aux forfaits à prix cassés, imitée un an plus tard, en juin 2018, par Vodafone Italia, avec le lancement de Ho. Mobile.

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A cette pression concurrentielle s’est ajoutée, en octobre, la vente aux enchères des fréquences 5G. Si l’Etat italien peut se féliciter de cette opération – il a récolté 6,5 milliards d’euros lors de la cession de ces lots très convoités –, les opérateurs, eux, font grise mine. Les montants faramineux qu’il leur a fallu débourser pèsent lourdement sur leurs finances : 2,4 milliards d’euros pour Vodafone Italia, tout comme Telecom Italia, par ailleurs grevé par une dette de 25 milliards d’euros, et 1,2 milliard d’euros pour Free.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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