La transformation de Carrefour commence à porter ses fruits

Arrivé aux commandes en juillet 2017, Alexandre Bompard poursuit la réorganisation du groupe et la restructuration des hypermarchés.

Par Cécile Prudhomme Publié aujourd’hui à 11h01

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Alexandre Bompard, PDG de Carrefour depuis juillet 2017, à La Defense, près de Paris, le 23 janvier 2018.

Ce sont les premiers effets économiques visibles de la stratégie du nouveau PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, arrivé en juillet 2017 pour relancer un poids lourd de la distribution en perte de vitesse. Carrefour a annoncé, jeudi 28 février, avoir dégagé un résultat net de 802 millions d’euros en 2018, en hausse de 3,75 % sur un an, accompagné d’une croissance du chiffre d’affaires qui s’est accélérée sur le second semestre pour finir sur une progression de 1,4 %. En France, le distributeur peine encore à sortir la tête de l’eau, avec un chiffre d’affaires de + 0,3 % à périmètre comparable, après + 0,8 % en 2017.

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Des résultats que le groupe juge encourageants et solides. La stratégie semble avoir stoppé l’hémorragie, comme le montre l’inversion de tendance du résultat opérationnel courant. Après une chute de 17,2 % en 2017, cet indicateur traduisant les gains que l’entreprise génère grâce à son exploitation courante progresse de 4,6 % à taux de change constant.

Depuis le 23 janvier 2018, le distributeur a mis en place un vaste plan de transformation, Carrefour 2022, pour se préparer à affronter les futurs enjeux de consommation. Un coup d’accélérateur a été mis sur le digital pour rattraper le retard par rapport aux concurrents, en vue de réaliser 5 milliards d’euros dans l’e-commerce alimentaire d’ici à 2022. En 2018, cette activité a généré 1,2 milliard d’euros, notamment grâce à une nouvelle plate-forme de préparation de commandes industrialisée, et à la généralisation du modèle de « drives », ces points de retrait des courses commandées en ligne. Carrefour prévoit d’accélérer sa stratégie de développement sur les magasins de proximité et drives, très rentables, avec 3 000 ouvertures à horizon 2022.

Restructuration des hypermarchés

Carrefour s’est aussi employé à se différencier de la concurrence en changeant son image de distributeur impliqué dans la guerre des prix, en celle d’un commerçant recentré sur l’alimentaire et engagé sur des valeurs sociétales. Mettant en avant ses initiatives sur les emballages plastiques, le bien-être animal, ou sa volonté de démocratiser le bio, dans lequel il vise des ventes de 5 milliards d’euros d’ici à 2022. En 2018, ce segment a généré 1,8 milliard d’euros de recettes, contre 1,3 milliard en 2017.

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Mais pour accomplir tous ces changements, Carrefour a dû procéder à des économies, tant sur la rationalisation des sièges qui se sont accompagnés de 2 400 départs volontaires en France, 1 000 en Argentine et 1 000 en cours en Belgique, que sur une restructuration du parc des magasins non rentables. 273 magasins de l’ancien réseau de hard discount Dia ont été fermés, vendus ou transformés en drives piétons. Un plan de 2 milliards d’euros d’économies d’ici à 2020 avait été annoncé. 1,05 milliard ayant déjà été réalisés, Carrefour a décidé de porter l’enveloppe globale à 2,8 milliards d’ici à 2020.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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