« La hausse de la fiscalité carbone devra revenir dans le débat public »

Un collectif de personnalités estime, dans une tribune au « Monde », que d’autres leviers doivent être étudiés pour atteindre l’objectif d’une neutralité carbone en 2050, en attendant que la taxe carbone soit remodelée.

Publié aujourd’hui à 14h48 Temps de Lecture 5 min.

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Tribune. Elle a été vue comme l’un des éléments déclencheurs du mouvement des « gilets jaunes », mais elle est pourtant absente des conclusions du grand débat présentées jeudi 25 avril : le gouvernement et le président de la République ont à ce stade fait l’impasse sur la fiscalité carbone.

Le rejet est aisé à analyser. Sans compensation pour les ménages modestes, c’est une taxe considérée comme injuste, d’autant plus injuste que certains secteurs de l’économie en sont exonérés. Sans un accompagnement fort pour les aider à se déplacer et à se chauffer différemment, beaucoup de Français se sentent piégés plutôt qu’incités. Sans une transparence totale sur l’utilisation de ses recettes, elle est soupçonnée d’être un moyen d’augmenter les impôts sous couvert d’écologie : l’impôt de trop.

Pour répondre à ces critiques – justifiées – nous avons tous fait ces derniers mois des propositions de réforme de la fiscalité carbone, concrètes et chiffrées, qui convergent vers un même impératif : protéger les ménages les plus modestes et les plus vulnérables, en leur reversant directement une partie des recettes fiscales sous forme de prime ou de baisse d’impôt, et en investissant dans des alternatives accessibles dès aujourd’hui. Notre conviction est que le futur de la fiscalité carbone passera par là ; et par une plus grande transparence sur l’utilisation de ses recettes.

Un outil de progrès économique et social

Malgré ces propositions, l’exécutif a préféré éviter le sujet pour l’instant. Le président de la République a cependant annoncé la création d’une convention de citoyens tirés au sort pour travailler sur des « mesures d’aides concrètes aux citoyens » et éventuellement proposer « des ressources supplémentaires ». La création d’une telle convention, ayant vocation à élaborer des avis citoyens sur les mesures envisagées en matière de transition écologique, peut être judicieuse. Mais à condition que des propositions concrètes soient soumises à son évaluation, sans quoi nous risquons de gaspiller un temps précieux dans la lutte contre le changement climatique.

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Car ne nous voilons pas la face : si l’on veut atteindre la neutralité carbone au plus tard en 2050 et ainsi espérer préserver l’avenir, la hausse de la fiscalité carbone devra revenir dans le débat public. Associée à de véritables mesures de compensation pour les ménages et à une hausse des investissements publics et privés dans la transition, elle pourrait devenir un outil de progrès à la fois économique, écologique et social. Nous pensons que la convention citoyenne pourrait notamment s’emparer de ces sujets.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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