En Chine, un appétit grandissant pour l’art occidental

Selon une étude, trois collectionneurs chinois sur cinq disent vouloir acheter de l’art occidental dans les cinq prochaines années.

Par Roxana Azimi Publié aujourd’hui à 10h52, mis à jour à 10h52

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« Rabbit and the Moon », de Dan Colen, à la foire Art Basel, à Hongkong, le 27 mars.

Les galeries occidentales peuvent se frotter les mains : selon le rapport sur le marché de l’art chinois publié, le 15 mars, par la foire de Maastricht, aux Pays-Bas, The European Fine Art Fair (Tefaf), 61 % des collectionneurs chinois interrogés disent vouloir acheter de l’art occidental dans les cinq prochaines années. En 2018, Sotheby’s Hongkong affichait un taux de vente de 100 % pour l’art occidental.

Prenons le cas de Qiao Zhibing, à la tête de boîtes de karaoké très courues à Shanghaï. Cet entrepreneur a acquis des œuvres du Britannique Damien Hirst présentées durant l’exposition-fleuve très médiatisée Treasures From the Wreck of the Unbelievable, au Palazzo Grassi, à Venise, en 2017. Et il prévoit, en 2020, une exposition de l’artiste américain Theaster Gates dans son giga-musée privé de 10 000 m2, ouvert, le 23 mars, à Shanghaï.

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Pour se faire un nom sur l’échiquier des grands amateurs, son compatriote, l’investisseur Liu Yiqian, a acquis, en 2015, une toile de Modigliani pour 170 millions de dollars (150 millions d’euros). En novembre 2018, son musée privé, baptisé « Long Museum », à Shanghaï, a organisé une exposition de la Française Louise Bourgeois (1911-2010). « Contrairement à la phase transitoire, où les collectionneurs chinois achetaient d’abord de l’art chinois pendant quelques années avant de se rabattre sur l’art international, les nouveaux collectionneurs qui entrent aujourd’hui sur le marché se portent d’emblée sur l’art occidental », explique Qiao Zhibing.

« Un potentiel immense »

Cet engouement explique le succès, à Shanghaï, des foires d’art contemporain Art021 et West Bund Art & Design, malgré le ralentissement économique. La galerie Hauser & Wirth, qui participe à cinq salons par an à Hongkong, Taipei et Shanghaï, a vu sa proportion d’acheteurs locaux doubler en cinq ans. Les collectionneurs chinois représentent désormais 15 % de la clientèle de la galerie américaine Pace, implantée à Pékin et à Hongkong. « En Chine, une centaine de personnes achètent des œuvres d’une valeur comprise entre 1 million et 3 millions de dollars, entre 5 et 8 personnes vont au-delà de 10 millions de dollars, constate Brett Gorvy, de la puissante galerie Lévy-Gorvy, installée à Shanghaï et à Hongkong. Mais le potentiel est immense. » Le Français Emmanuel Perrotin, qui dispose depuis longtemps d’une galerie à Hongkong, l’a bien compris, en ouvrant une antenne à Shanghaï en septembre 2018. Une autre grosse enseigne de Londres, Lisson Gallery, y a aussi pris pied depuis le 22 mars.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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