En Chine, le marché de l’art peine à trouver un second souffle

Le bilan aux enchères a atteint 12,9 milliards de dollars en 2018, en recul de 3 %. Des ventes freinées par la lutte anticorruption et le durcissement du contrôle des changes.

Par Roxana Azimi Publié aujourd’hui à 10h41, mis à jour à 10h41

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Accrochage de « La Dépossession », de l’artiste franco-marocaine Latifa Echakhch, à la foire Art Basel, à Hongkong, mercredi 27 mars.

L’économie chinoise donne, depuis un an, des signes d’essoufflement : en 2018, sa croissance a atteint 6,6 %, son niveau le plus bas depuis trente ans. Un ralentissement qui n’épargne pas le marché de l’art. Selon le rapport publié, le 8 mars, par la foire Art Basel et la banque suisse UBS, la Chine est désormais rétrogradée à la troisième place, derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni, avec un bilan aux enchères de 12,9 milliards de dollars (11,4 milliards d’euros) l’an dernier, en recul de 3 %. De quoi inquiéter les 242 exposants de la foire Art Basel de Hongkong, qui ouvre ses portes, vendredi 29 mars, dans l’ancienne colonie britannique.

Le marché de l’art chinois a toujours été caractérisé par une certaine volatilité. Après un pic, entre 2009 et 2011, le volume des ventes aux enchères a accusé une chute de 57 % entre 2011 et 2012. Malgré un rebond de 14 % en 2017, les opérateurs chinois n’ont pas réussi à renouer avec les niveaux record de 2010. Si, pour le haut du panier – le marché des antiquités et de l’art classique chinois –, les prix restent forts, les objets de valeur intermédiaire sont boudés.

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D’après une étude publiée par la foire The European Fine Art Fair (TEFAF) de Maastricht, aux Pays-Bas, le 15 mars, les chiffres d’affaires des deux principales maisons de vente chinoises, Poly et Guardian, plafonnent autour de 450 millions de dollars à chaque session d’automne et de printemps. Interrogé dans le cadre de ce rapport, Li Xuesong, directeur adjoint de Poly, à Shanghaï, le dit sans ambages : « Il n’y a pas de nouveaux collectionneurs et connaisseurs sur le marché. »

Les opérateurs anglo-saxons l’ont bien compris. Sotheby’s, qui a noué, en 2012, un partenariat avec la maison pékinoise Gehua, n’y a pas organisé de vente… depuis 2013. Christie’s s’en tient à une vacation annuelle à Shanghaï, avec des résultats fluctuants – 23,2 millions de dollars en 2018, un chouïa moins que lors de son coup d’envoi, en 2013. « Nous sommes encore à un stade de construction du marché », reconnaît Francis Belin, directeur de Christie’s Asie. Les maisons anglo-saxonnes activent d’autant moins la cadence qu’elles n’ont pas la possibilité de vendre en Chine d’objets anciens antérieurs à 1949.

Marché parallèle

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A Hongkong, en revanche, où de telles restrictions n’existent pas et où les acheteurs sont plus internationaux, les bilans s’inscrivent en hausse. Sotheby’s y a même réalisé sa meilleure année, en 2018, avec 1 milliard de dollars de ventes. La maison de vente Phillips y a doublé, l’an dernier, sa surface d’exposition. « Nous avons constaté un taux de croissance de 74 % des acheteurs chinois dans nos ventes entre 2015 et 2018 », confie Isaure de Viel Castel, spécialiste chez Phillips. Une progression qui s’explique surtout par l’appétit croissant des acheteurs chinois pour l’art contemporain occidental, l’un des fers de lance de cette maison de vente.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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