« Dépenses assumées, économies hypothétiques, voilà comment résumer les pistes présentées par Macron »

Les mesures annoncées par le président de la République, le 25 avril, pour sortir de la crise sociale risquent de se faire aux dépens de la dette et des générations futures, estime dans sa chronique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».

Publié aujourd’hui à 02h42 Temps de Lecture 4 min.

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Le président Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse à l’Elysée à Paris, le 25 avril.

Dépenses assumées, économies hypothétiques. Voilà comment peuvent se résumer les pistes présentées, jeudi 25 avril, par le président de la République Emmanuel Macron pour sortir de la crise sociale que traverse le pays, après cinq mois de mouvement des « gilets jaunes » et trois mois de grand débat national.

Parent pauvre durant les dix-huit premiers mois du quinquennat, la redistribution des richesses est en train de devenir le pilier central de la politique économique du gouvernement, qui reprochait pourtant à ses prédécesseurs d’en avoir abusé.

Explosion budgétaire

Entre les mesures en faveur du pouvoir d’achat annoncées le 10 décembre 2018, la baisse de l’impôt sur le revenu pour les classes moyennes, le retour à l’indexation des retraites sur l’inflation, l’instauration d’un minimum pour les petites pensions, la limitation des effectifs des classes de maternelle et dans le primaire, sans oublier le manque à gagner de la taxe carbone, qui n’augmentera pas, la facture pour les finances publiques pourraient finalement atteindre les 25 milliards d’euros. Sans doute l’effet « waouh » promis par l’Elysée.

Lire aussi Conférence de presse de Macron : ce qui est nouveau, ce qu’il a précisé et ce qui est flou

Maintenant, il va s’agir de financer cette explosion budgétaire. L’équation s’annonce d’autant plus compliquée que l’une des rares mesures concrètes de réduction de la dépense publique promise par M. Macron vient de faire pschitt : l’objectif de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires d’ici à la fin du quinquennat est officiellement abandonné.

Il faut dire que les 6 000 suppressions actées après deux ans laissaient peu d’espoir d’atteindre la cible dans les temps. Mieux vaut renoncer sous le prétexte de la cohérence de la politique gouvernementale que s’enferrer dans une quête perdue d’avance.

« Quand on doit réinvestir dans la sécurité, dans l’éducation et dans la justice, je ne vais pas donner des injonctions contradictoires au gouvernement », a reconnu, jeudi, le chef de l’Etat. Mais ces injonctions n’étaient-elles pas déjà contradictoires dès le début du quinquennat ?

« Travailler davantage »

Pour tenter de boucher les trous, trois pistes ont été évoquées. « Travailler davantage », a esquissé Emmanuel Macron, ce qui passe par un allongement de la durée de cotisation pour la retraite. Mais les moyens ainsi dégagés sont déjà censés assurer la pérennité du système d’assurance-vieillesse, voire le financement de la dépendance. Il faudra donc trouver autre chose pour compenser la baisse de l’impôt sur le revenu.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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