Clément Beaune, l’indispensable européen de l’ombre

Un temps envisagé pour entrer au gouvernement, le conseiller Europe et G20 de l’Elysée est un maillon essentiel de l’équipe.

Par Cédric Pietralunga Publié aujourd’hui à 09h46

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Il ne le dira pas, mais ses proches s’en chargent pour lui : Clément Beaune a pris un gros coup sur la tête lorsqu’il a appris, le 31 mars, qu’il n’entrerait pas au gouvernement. Pressenti pour remplacer Nathalie Loiseau au ministère chargé des affaires européennes, le conseiller Europe d’Emmanuel Macron, 37 ans, s’était vu préférer Amélie de Montchalin, la députée La République en marche (LRM) de l’Essonne. Un crève-cœur pour cet amoureux du Vieux Continent et l’impression d’une occasion manquée : au même moment, Sibeth Ndiaye et Cédric O, autres conseillers du chef de l’Etat, rejoignaient le gouvernement.

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Après quelques jours à soigner sa déception, le trentenaire a néanmoins repris son bâton de pèlerin auprès du chef de l’Etat, qu’il conseille depuis 2014 sur les questions européennes. Le jeune homme, tignasse rousse qu’il a appris à dompter avec les responsabilités, n’est pourtant pas un diplomate de formation. Diplômé de Sciences Po Paris, énarque promotion Willy Brandt (2007-2009) – la même que Florian Philippot, le leader du parti Les Patriotes –, Clément Beaune entame sa carrière au ministère de l’économie, à la direction du budget. Il s’en amuse aujourd’hui, mais c’est très sérieusement qu’il fait ses classes comme adjoint au chef du bureau des lois de finances puis de la recherche et de l’enseignement supérieur.

En mai 2012, il rejoint le socialiste Jean-Marc Ayrault à Matignon, où il officie comme conseiller budgétaire pendant près de deux ans. Un baptême du feu : le début du quinquennat de François Hollande est marqué par la violente bataille qu’Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, livre au premier ministre et aux « budgétaires » de Matignon. C’est là qu’Emmanuel Macron, alors secrétaire général adjoint de l’Elysée, le repère. Naturellement, l’ex-banquier d’affaires l’invite à le suivre lorsqu’il est nommé à Bercy, à l’été 2014. Clément Beaune, qui travaille alors depuis quelques mois chez Aéroports de Paris, n’hésite pas longtemps.

« C’est Clément qui aurait dû être nommé tête de liste pour les européennes. Jeune, macroniste, proeuropéen, il cochait toutes les cases », regrette une ancienne du cabinet élyséen

Polyglotte en nœud papillon

Depuis près de cinq ans, l’ancien élève du Collège d’Europe de Bruges, un établissement belge spécialisé dans la formation aux affaires européennes où il a eu l’ancienne eurodéputée centriste Sylvie Goulard comme professeure, sillonne le Vieux Continent pour son patron. C’est à lui qu’Emmanuel Macron a confié le soin de tisser son réseau parmi les dirigeants européens. C’est aussi lui qui négocie la nuit durant, lors des conseils européens, pesant chaque mot du texte de conclusion avec les « sherpas » des autres chefs d’Etat. Et c’est lui qui sera chargé, avec Nathalie Loiseau au Parlement européen, de mettre en œuvre la tentative d’OPA de la France sur la Commission européenne.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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