«Bruxelles risque de devoir penser au péage urbain», menace le PS

À la veille du 1er mai électoral, Rudi Vervoort et Ahmed Laaouej tapent dur sur le MR et la N-VA. Les deux leaders voient en l’élection un grand référendum «contre» la politique du gouvernement Michel. Et menacent: si la taxe kilométrique ne voit pas le jour, Bruxelles devra penser à instaurer un péage urbain.

La machine est en marche. Et en cette veille de 1er mai, le PS bruxellois se félicite de vivre une campagne qui se déroule, pour l’heure, sans accrocs majeurs. Rudi Vervoort, candidat ministre-président et Ahmed Laaouej, tête de liste à la Chambre, se sont réunis pour L’Echo afin de délivrer le message de leur parti pour la fête du travail. Le pitch: montrer que pendant que le Fédéral, sans le PS, a fait de la casse sociale, la majorité régionale bruxelloise a fait du bon travail. De bonne guerre.

«La majorité MR-N-VA est coupable d’un désinvestissement massif dans la capitale.»

Rudi Vervoort
ministre-Président bruxellois

«Nous clôturons une législature de centre gauche, assure Rudi Vervoort qui déplore avoir dû «réparer ou atténuer les dégâts causés par la majorité MR/N-VA, coupable d’un désinvestissement massif dans sa capitale». Il cite la police fédérale en sous-effectif. «Le ministre De Crem (CD&V) reconnaît le problème et demande aux zones de police d’intervenir dans les gares et le métro.» «L’exemple des migrants est criant, ajoute-t-il. On a créé et amplifié une crise humanitaire. C’est une faute politique et une faute morale que de se servir de personnes en difficulté pour créer un débat et permettre à un homme politique d’exister.» L’ex-secrétaire d’État N-VA Theo Francken est directement visé. Est-ce lui qui a créé la crise du parc Maximilien, demande-t-on. «Quand on organise du ramassage sur les parkings d’autoroute et qu’en pleine nuit, on amène les migrants dans des fourgonnettes et qu’on les lâche au parc Maximilien, je ne sais pas comment on peut appeler cela.»

Le PS bruxellois vante son bilan, avec des suppressions de taxes, des primes, des investissements dans les transports publics, une réforme des allocations familiales. «Nous sommes le bouclier social«, prétend Ahmed Laaouej accusant le gouvernement Michel de «déglingue sociale», en ciblant le saut d’index, la hausse de la TVA sur l’électricité et les «coupes massives dans les soins de santé«. «Et on a Charles Michel qui vient avec un nouveau plan de réduction d’impôts de 9,5 milliards après nous avoir laissé une facture budgétaire de 10 milliards. Quelle est sa crédibilité? Il faut arrêter la politique de la tromperie.»

Qui a fait mieux? Di Rupo ou Michel?

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Où est le bain de sang social?

On réplique que le déficit a été réduit, que les gens ne sont pas dans la rue pour dénoncer un bain de sang social comme l’avait prédit le PS en 2014. «Il n’y a pas une réunion que je fais où les gens ne me disent pas que leur situation se détériore. Les gens reportent leurs soins de santé pour remplir leur frigo. Cette situation ne vient pas de nulle part.» Ahmed Laaouej assure que la droite au pouvoir a asphyxié l’économie. «Ils ont fait un cadeau de 19 milliards d’euros aux grands patrons en tapant sur les classes moyennes. Résultat: le taux de croissance est en dessous de ce qui est observé dans la zone euro. Leur bilan, c’est leur boulet. Nous voulons le retour de l’État social et de la culture démocratique, ajoute le député fédéral. Que s’est-il passé depuis 5 ans? Des attaques contre les journalistes, les avocats, contre les magistrats, les ONG, les syndicats. On a laissé se développer une impunité sur le terrain des discours discriminatoires, voire racistes.» Vervoort embraye: «Notre vision de Bruxelles est l’inverse de celle de la N-VA. Partout où il y avait un choix à faire entre la Flandre et le reste du pays, le choix a été vite fait. Venir dire qu’il y a un axe PS-N-VA, c’est à rire… Franchement, qui peut croire cela? C’est grotesque et affligeant.»

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On demande si les dernières cartographies démographiques concernant les populations étrangères dans la capitale ne démontrent pas un échec régional en matière de mixité sociale. «Ce n’est pas nouveau, répond le ministre-président, axant sur la pauvreté. Le clivage de classe sociale demeure. Un des grands enjeux sera d’amener les communes du sud à participer à un élan pour la cohésion de l’ensemble de la Région. Je sens énormément de frilosité dans le chef de certains représentants locaux qui ne veulent plus rien construire chez eux. On va vers une catastrophe sociale. Ce sont les communes les plus denses qui absorbent le boom démographique. Il y a une limite à cela. Il faudra un développement territorial assumé par tous les partenaires de la prochaine majorité régionale.»

La Région est également fort critiquée pour sa mobilité, toujours problématique. La N-VA vient d’enterrer la taxation au kilomètre prônée par le PS. Désespoir? «Non, car toutes les forces vives en Flandre souscrivent à ce projet, dit Rudi Vervoort. Nous souhaitons l’implanter dans la zone métropolitaine. On a un réseau de caméras qui nous permet de définir les horaires, le public cible, tout est prêt. Il faut que cela fasse partie des accords des différents niveaux de pouvoir. Sans cela, je sens venir la demande au niveau bruxellois, on risque de devoir se poser la question du péage urbain qui n’est pas une bonne solution à mes yeux car cela créera une tension entre Bruxelles et son hinterland.»

PTB au balcon

Ahmed Laaouej ajoute: «C’est l’une des pistes pour désengorger Bruxelles. Il y a aussi le RER, qui a pris trois ans de retard. Le 26 mai, ce sera un grand référendum contre les mesures du gouvernement MR-N-VA, assure-t-il. Nous lui opposons une politique sérieuse de soutien aux revenus et à la demande. Je pourrais parler du PTB qui n’a soumis que quatre propositions au Bureau du plan.» À propos, toujours pas d’ouverture franche au PTB? Les deux socialistes répètent que leur concurrent ne veut pas du pouvoir. «Ils ont d’abord dit jamais, puis pas avant 15 ans, puis enfin, à condition de modifier les traités européens. Tout cela, c’est du flan, assure Ahmed Laaouej. Le risque, c’est d’avoir des voix perdues, voilà.» «Voter PTB, c’est voter à droite, ajoute Vervoort. La stratégie de l’extrême gauche ne varie pas: affaiblir la gauche réformiste.» OK, mais la FGTB wallonne a appelé à des majorités PS-PTB Ecolo, rappelle-t-on. «Je l’entends moins», dit Ahmed Laaouej.

Et le MR? Doit-il faire une cure d’opposition? «Laissons parler les électeurs, mais je vois qu’il invente chaque jour des slogans qui ne sont pas sérieux», répond-il. «On ne va pas exclure le MR mais si on peut former des majorités progressistes, nous dirons oui, comme nous l’avons fait aux communales, là où nous avions la main», ajoute Rudi Vervoort. Quitte à laisser la ministre-présidence bruxelloise à Ecolo? «Vous parlez d’un autre temps. Maintenant, c’est le temps de la campagne», évacue-t-il. Place à la fête des travailleurs.

Источник: Lecho.be

Источник: Corruptioner.life

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