Benoit Simian : « Il faut tout faire pour que Ford ne parte pas de Blanquefort sur la pointe des pieds »

Le député LRM de Gironde, Benoit Simian, pointe l’« échec de la puissance publique » à Blanquefort, compte tenu des 125 millions d’euros injectés depuis vingt ans sur le site.

Propos recueillis par Benoît Floc’h Publié aujourd’hui à 10h06

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Benoit Simian est député de Gironde. L’entreprise Ford Blanquefort, qui est menacée de fermeture, se situe dans sa circonscription. L’élu La République en marche demande à l’Etat d’accompagner la réindustrialisation du site sur lequel sont actuellement fabriquées des boîtes de vitesses automatiques.

A propos de Ford, vous avez évoqué « un échec de la puissance publique ». Pourquoi ?

Compte tenu de l’argent public qui a été injecté ces vingt dernières années sur ce site, 125 millions d’euros, c’est en effet un échec de la puissance publique. Il n’en reste pas moins que Bruno Le Maire a fait preuve de volontarisme en allant chercher des investisseurs. Même si cela s’est soldé par un échec puisque Ford a refusé de vendre au repreneur belge. L’Etat est actionnaire de constructeurs français, comme Renault et PSA. Ces entreprises passent plutôt leurs commandes dans l’est de la France. Mais il ne s’agit pas, pour nous, de déshabiller l’est du pays pour habiller l’ouest… L’Etat a un rôle de stratège, mais je ne connais aucune innovation qui soit partie de Paris. Il appartient aux territoires de se mettre autour d’une table pour travailler à la réindustrialisation du site. On ne règle pas tout depuis Paris. Il faut faire confiance aux acteurs de terrain. N’oubliez pas que je suis un député girondin.

Lire aussi La colère et l’espoir perdu des salariés de l’usine Ford de Blanquefort

Qu’attendez-vous de Bercy sur ce dossier ?

Qu’il facilite cette réindustrialisation. Cela implique un accompagnement par les services de l’Etat, lequel doit faciliter toute la partie administrative. Par ailleurs, une carte nationale de réindustrialisation a été récemment présentée par l’Etat. Dans ce cadre, notre site devrait bénéficier d’aides massives. Des discussions ont par exemple été annoncées avec Hydrogène de France. Bercy doit aider ce type d’industriel à investir, notamment pour se financer via la BPI, par exemple. Il faut miser sur les techniques de demain, préparer l’avenir.

L’Etat peut-il faire pression sur Ford ?

On voit où on en est. Ford est une multinationale d’envergure mondiale. Il faut tout faire pour que cette entreprise ne parte pas sur la pointe des pieds. Il faut être extrêmement prudent, car Ford est actionnaire et client d’une autre entreprise locale, Getrag, qui construit des boîtes manuelles et emploie 1 300 personnes. Donc je veux bien que l’on continue à taper sur Ford, mais il faut aussi tenir compte des réalités. Ford doit rester ce client qu’il est déjà et continuer à jouer un rôle majeur en Nouvelle-Aquitaine.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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