Benoît Hamon et Ian Brossat se disputent la gauche de la gauche

L’ex-prétendant à l’Elysée stagne entre 3 % et 4 %. Le candidat du PC est lui aussi très bas, mais il arrive à mobiliser son camp sur le terrain.

Par Sylvia Zappi Publié aujourd’hui à 11h29

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L’un peine, l’autre jubile. Même si leurs sondages sont très proches, Benoît Hamon et Ian Brossat connaissent deux sorts bien différents dans cette campagne européenne. Quand le candidat de Génération.s s’échine à vouloir sortir de la nasse, celui du Parti communiste français semble s’épanouir au fur et à mesure que les semaines passent. Les deux hommes, qui avaient, un temps, voulu se rapprocher, jouent sur les mêmes plates-bandes de la gauche de la gauche et se disputent désormais le même électorat.

Ce jeudi 25 avril à Lorient (Morbihan), la remarque a fusé dans la salle du Palais des congrès où Benoit Hamon tenait meeting : « Votre meilleur pourcentage d’opinions favorables est à 3 %. Comment on fait pour que ça marche ? » Très applaudie, l’intervention résumait d’un trait la perplexité des sympathisants de Génération.s. La tête de liste pensait pouvoir encore compter sur son aura d’ancien candidat à la présidentielle et surfer sur sa popularité à gauche. Las, depuis le lancement de sa liste, il stagne entre 3 et 4 % des intentions de vote. Il a même fallu qu’il bataille pour participer au premier débat télévisé sur les européennes, début avril. Depuis, il n’est plus invité.

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D’autres vents contraires ont soufflé sur sa campagne. D’abord l’alliance conclue entre Place publique et le Parti socialiste alors qu’il lorgnait sur le jeune mouvement lancé par Raphaël Glucksmann depuis des semaines. Puis la défection d’une de ses porte-parole, Aurore Lalucq, partie rejoindre la liste emmenée par l’essayiste. Enfin, les banques qui refusent de lui accorder un crédit, l’obligeant à une campagne modeste appuyée sur des dons et des prêts militants. « On mène bataille avec un vent de face mais avec un équipage soudé cette fois-ci », lâche-t-il, bravache.

Image dégradée

Face à l’inquiétude de ses troupes, M. Hamon reste optimiste. « Notre démarche claire va finir par rapporter ce petit point qu’il nous faut pour avoir 5 % et quatre ou cinq députés », répète l’ancien socialiste. Avant d’ajouter : « Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement. » Benoît Hamon martèle sa conviction, comme pour conjurer le spectre de ne pas être élu le 26 mai. Le leader de Génération.s, sans mandat national, sait qu’il joue gros : rater cette élection européenne hypothéquerait fortement son avenir comme celui de son mouvement.

Il faut pour cela qu’il surmonte une image dégradée par la séquence présidentielle (6, 36 % au premier tour) et son départ du PS. « Hamon fait un peu figure de l’ancien monde. Il a du mal à se départir de son image d’apparatchik PS qui est dans le paysage depuis longtemps », remarque Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’IFOP. Ce n’est pas le cas de Ian Brossat, qui apparaît comme une figure nouvelle, renouvelant le paysage politique communiste. « Toutes proportions gardées, il bénéficie d’un effet Besancenot. Même jeunesse, même sens de la formule, même présence à l’écran », note M. Fourquet.

Источник: Lemonde.fr

Источник: Corruptioner.life

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