Avis divergents du CSA et du CDJ sur les «48 heures des bourgmestres» de RTL

Le régulateur de l’audiovisuel considère que l’émission de RTL ne respectait pas l’équilibre entre les tendances politiques. L’organe de déontologie journalistique n’y voit rien à redire sur le plan strictement rédactionnel.

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a notifié un grief à RTL Belgium suite à des plaintes introduites dans le cadre de l’opération «48 heures des Bourgmestres». Diffusée en direct sur RTL Play, RTL info et sur la page Facebook de RTL Info du 3 au 5 septembre 2018, l’opération consistait en la diffusion d’interviews des bourgmestres dans les communes de Wallonie et de Bruxelles, durant 48 heures.

Plusieurs plaignants regrettaient que cette opération mette uniquement en valeur les bourgmestres tandis que les autres tendances politiques ne bénéficiaient pas de la même médiatisation. Certains dénonçaient en outre un déséquilibre de la représentation entre femmes et hommes. En résumé: des entorses au règlement relatif aux programmes de radio et de télévision en période électorale approuvé par un arrêté de la Fédération Wallonie Bruxelles. En outre, le CSA a constaté que RTL ne lui avait pas transmis son dispositif électoral comme vu par le règlement.

Après examen du dossier, le secrétariat d’instruction du CSA a estimé que la chaîne privée n’avait effectivement pas respecté les principes d’équilibre et de représentativité des tendances. Par contre il a estimé qu’elle n’avait pas porté atteinte à l’égalité entre les femmes et les hommes. Le CSA a donc notifié à RTL les griefs et lui a demandé de venir s’expliquer lors d’une audition avant de prendre une décision finale. Contactée, la chaîne a indiqué qu’elle s’y rendrait pour expliquer, une fois de plus, qu’elle ne dépend pas de l’autorité du CSA mais du seul régulateur luxembourgeois.

Pas de faute déontologique

Sur ce même dossier, en revanche, le Conseil de déontologie journalistique (CDJ) n’y a vu rien de répréhensible. Dans un avis publié sur son site, l’instance d’autorégulation indique s’être saisie de ce dossier après avoir pris connaissance de plusieurs reproches émis à l’égard de l’émission. Dans le souci de garantir l’indépendance de l’information, le CDJ a estimé qu’il était de sa mission de se prononcer sur ce dossier afin d’apprécier si les griefs déontologiques évoqués dans la presse étaient ou non rencontrés, explique-t-il.

Verdict: au contraire du CSA, le CDJ considère que vu l’angle rédactionnel choisi, l’équilibre ressortait de la succession des différentes séquences au sein de la même émission qui donnait à voir une image des partis conforme à la représentation électorale issue des dernières élections communales.

A priori on peut s’étonner des positions divergentes de deux instances sur une même problématique. Mais un proche du dossier nous répond qu’il n’y a là rien de contradictoire, car les deux instances ne contrôlent pas la même chose. Le CSA se prononce sur le droit. Son règlement impose une représentativité équilibrée des tendances. Son rôle n’est pas de se prononcer sur le travail journalistique. C’est celui du CDJ.

Celui-ci estime qu’on ne peut reprocher au dispositif d’adopter un parti pris favorable ou d’assurer une éventuelle complaisance à l’égard des personnes interviewées. Il a en effet estimé que le format choisi assurait une information de nature contradictoire grâce aux éléments de cadrage et aux questions des journalistes. Il a aussi noté le travail d’enquête préalable qui a permis cette mise en perspective. Le CDJ a par ailleurs retenu la volonté du média de ne pas mettre en avant tel ou tel candidat, pointant notamment que les bourgmestres indisponibles étaient remplacés par des membres de l’opposition. Un partout balle centre.

Источник: Lecho.be

Источник: Corruptioner.life

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